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Publié le 24 février 2026
cybersécurité

Sécurité informatique PME : 6 actions pour la renforcer

Faouzi Sefsaf

Faouzi Sefsaf

Directeur de l'Innovation et de la Sécurité

Sécurité informatique PME : 6 actions pour la renforcer

En quelques années, la sécurité informatique des PME est passée d’un sujet “technique” à un enjeu stratégique au cœur des décisions de direction, en France comme ailleurs. Sous l’effet de la multiplication des cyberattaques, de la numérisation des processus et des nouvelles obligations réglementaires, les petites et moyennes entreprises se retrouvent en première ligne. Longtemps perçues comme moins exposées, elles représentent aujourd’hui un terrain fertile pour les cybercriminels en raison de leurs ressources plus limitées, de vulnérabilités techniques non corrigées et d’un manque de stratégie globale de cybersécurité.

Pour un dirigeant, la question n’est plus “Suis-je concerné ?” mais plutôt : “Comment protéger mon entreprise sans complexifier mon activité ?”

Cet article vous aide à comprendre les menaces actuelles et à réfléchir aux mesures concrètes et adaptées à votre situation à mettre en place.

Pourquoi la sécurité informatique est devenue un enjeu majeur pour les PME

Les signaux d’alerte se sont multipliés du côté des autorités françaises, à commencer par l’ANSSI, qui décrit désormais la menace cyber comme massive, systémique et touchant particulièrement les très petites, petites et moyennes entreprises insuffisamment protégées. En 2024, l’ANSSI a recensé 4 386 incidents de cybersécurité, soit une hausse de 15% par rapport à 2023, et près de 37% concernaient des TPE, PME et ETI, signe que les petites entreprises sont clairement devenues des cibles.

Pour les entreprises françaises, le risque cyber est désormais classé parmi les principaux risques, devant certains risques financiers ou réglementaires, notamment parce qu’il impacte directement le travail, la relation clients mais aussi l’image de l'entreprise. Selon différents baromètres, plus de la moitié des petites et moyennes entreprises ont déjà connu au moins un incident de sécurité significatif et une part importante des dirigeants considère aujourd’hui la cybersécurité comme un enjeu prioritaire, voire comme le risque numéro un à maîtriser.

Les cyberattaques ne se limitent plus à quelques cas isolés et opportunistes : elles s’inscrivent dans un contexte de menaces structurées, avec des campagnes organisées, stratégiques (sur des secteurs clés), financières (rançongiciels), politiques.

Comprendre les enjeux de la sécurité informatique pour les PME

Pour une entreprise, la sécurité informatique recouvre l’ensemble des dispositions permettant de protéger les systèmes, les données et le réseau qui soutiennent le travail quotidien. Quand on parle de cybersécurité dans une petite entreprise, on parle en réalité de la capacité à continuer à travailler malgré les menaces : protéger les logiciels métiers, les serveurs, les accès au cloud, les échanges avec les clients et les partenaires, mais aussi les postes de travail des collaborateurs.

Les TPE et PME sont particulièrement exposées pour plusieurs raisons : des systèmes internes parfois anciens, un manque de procédures formalisées, des ressources limitées, une dépendance à quelques outils critiques et, souvent, une absence de plan structuré de gestion des risques. La moindre faille technique (un serveur mal configuré, un accès distant non protégé, un mot de passe réutilisé) peut devenir la porte d’entrée d’une attaque qui bloque l’activité pendant plusieurs jours...

La sécurité informatique n’est donc pas un simple sujet “IT”, mais un levier de protection du chiffre d’affaires, de la réputation et de la confiance des clients.

Quelles sont les principales cybermenaces pour les petites et moyennes entreprises ?

Les menaces qui visent les entreprises sont variées mais reposent souvent sur les mêmes pratiques :

  • Ransomwares et autres rançongiciels qui chiffrent les données et paralysent les serveurs, avec demande de rançon
  • Phishing et ingénierie sociale visant à récupérer des mots de passe, détourner des paiements ou accéder aux boîtes mail
  • Exploitation de failles de sécurité connues sur des services exposés (VPN, messagerie, applications web)
  • Compromission d’identités dans le cloud, via des accès mal protégés ou un manque d’authentification forte
  • Intrusions sur le réseau interne, rebond à partir d’un poste compromis ou d’un logiciel vulnérable

Ces attaques profitent de vulnérabilités techniques mais aussi organisationnelles : mots de passe faibles, gestion des accès approximative, absence de sauvegarde fiable ou d’observatoire de la sécurité, manque de visibilité sur ce qui se passe sur le réseau. Les petites entreprises ont parfois l’impression d’être “trop petites” pour intéresser les cybercriminels, alors qu’elles sont justement ciblées parce que leurs défenses sont moins robustes et leurs moyens de réaction plus limités.

Les conséquences d’une faille de sécurité sur une PME

Lorsqu’une attaque réussit, les conséquences dépassent largement le simple volet technique. Une entreprise peut subir une perte d’exploitation, un arrêt de production, une indisponibilité prolongée de ses systèmes internes (ERP, CRM, outils de facturation), mais aussi une fuite d’informations sensibles sur ses clients ou ses salariés.

À cela s’ajoutent des risques juridiques en cas de violation de données personnelles (RGPD, CNIL), ainsi qu’un impact direct sur la relation commerciale : perte de confiance des clients, résiliation de contrats, difficultés à répondre aux demandes dans les délais.

Plusieurs études indiquent que le coût moyen d’un incident cyber significatif se chiffre en centaines de milliers d’euros pour une PME, en combinant perte d’activité, frais de remédiation, interventions d’urgence, assistance juridique et communication de crise. Dans les cas les plus graves, une partie des petites entreprises ne se relève pas : certaines sources évoquent un risque important de fermeture dans les six mois suivant un incident majeur, notamment lorsque les sauvegardes étaient insuffisantes ou que la confiance des clients a été durablement entamée.

Un dirigeant doit donc considérer la cybersécurité non pas comme un centre de coût mais comme un investissement de protection.

Comment sécuriser son SI en fonction de son exposition

Face à ce contexte, la première question n’est plus “Faut-il faire quelque chose ?” mais “Par où commencer et jusqu’où aller ?”. Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes contraintes : il est donc essentiel d’adapter le niveau de cybersécurité à l’exposition réelle de la PME. Cela suppose de se poser quelques questions simples avant d'entamer toute démarche :

  • Quels systèmes sont indispensables pour maintenir l’activité au jour le jour ?
  • Quelles données seraient critiques en cas de perte, de vol ou de divulgation (informations clients, données financières, savoir-faire) ?
  • Quels services sont exposés sur Internet (site, messagerie, VPN, accès cloud) et comment sont-ils protégés ?
  • Quelles failles ou incidents ont déjà été constatés dans le passé ?

Une approche efficace repose sur un principe simple : adapter les mesures au niveau d'exposition réel de l'entreprise. L’idée est de disposer d’une photographie claire de la situation, afin de concentrer les ressources sur ce qui est réellement nécessaire plutôt que de multiplier les outils sans cohérence.

Mettre en place un plan d’actions concret

Une fois l’exposition clarifiée, l’enjeu est de bâtir un plan structuré et progressif, qui prend en compte les contraintes de l’entreprise, la maturité des équipes et aussi les ressources disponibles. Ce ne doit pas simplement être un document théorique : il doit se traduire par des dispositions opérationnelles, avec des priorités, des délais réalistes et une répartition claire des responsabilités entre les équipes internes, le prestataire informatique et même la direction.

Prioriser les mesures selon l’impact métier

Pour une PME, la priorité n’est pas d’atteindre un niveau maximal théorique, mais de protéger en priorité les éléments qui soutiennent directement son activité.

Concrètement, cela signifie identifier les systèmes critiques (ERP, CRM, outils de production, messagerie), évaluer leur niveau de protection actuel et déterminer les conséquences d’une indisponibilité de 24 heures, 72 heures ou une semaine. Cette analyse permet de hiérarchiser les actions : certaines mesures doivent être mises en place immédiatement (sauvegarde, authentification renforcée, correctifs critiques), tandis que d’autres peuvent être planifiées dans le temps.

Cette logique d’impact métier évite les investissements dispersés et permet d’aligner la cybersécurité sur les enjeux stratégiques de l’entreprise.

S’assurer que les équipements et logiciels sont à jour

Beaucoup de cyberattaques exploitent des failles connues et documentées depuis plusieurs mois ou années. Mettre à jour les systèmes, les serveurs, les logiciels métier et les équipements réseau fait partie des gestes les plus simples et les plus efficaces pour réduire les failles exploitables.

Organiser une vraie gestion des mises à jour (patch management), que ce soit en interne ou avec un prestataire, permet de limiter l’exposition aux attaques automatiques qui balayent le réseau à la recherche de systèmes non corrigés.

Mettre en place une gestion rigoureuse des identités et des accès

La gestion des identités est un autre pilier central : elle permet de contrôler qui a accès à quoi, avec quels droits et selon quelles règles. Pour une PME, cela se traduit par :

  • Des mots de passe suffisamment robustes, évitant les réutilisations évidentes et les termes trop simples
  • L’activation de l’authentification multi-facteurs (MFA) sur les services critiques (messagerie, cloud, VPN, logiciels de gestion) voire de partout où elle est disponible
  • La désactivation rapide des comptes des collaborateurs qui quittent l’entreprise
  • La révision régulière des droits pour s’assurer que chaque utilisateur dispose uniquement des accès nécessaires à sa fonction

Cette approche réduit fortement les risques de compromission de compte, notamment face aux campagnes de phishing qui visent à voler des mots de passe et à se connecter comme un utilisateur légitime.

Déployer un Plan de Reprise d'Activité (PRA) et un Plan de Continuité d'Activité (PCA)

Au-delà de la prévention, une PME doit se préparer à gérer les incidents, car le risque zéro n’existe pas.

Le Plan de Reprise d’Activité (PRA) définit comment redémarrer les systèmes après un incident majeur : quelles priorités, quels serveurs restaurer en premier, quel délai viser, comment organiser la coordination avec les prestataires, etc.

Le Plan de Continuité d’Activité (PCA), lui, décrit comment maintenir l’activité, même dégradée, pendant la crise : procédures manuelles, solutions de secours, communication avec les clients et partenaires pour maintenir un minimum de service.

Même simplifiés, ces documents donnent un cadre d’action clair le jour où un incident survient, ce qui évite de perdre des heures en hésitations et en décisions improvisées. Cela suppose aussi de vérifier que la sauvegarde est à la hauteur : régulière, externalisée, protégée et régulièrement testée pour s’assurer qu’une restauration est réellement possible dans les délais acceptables.

Implanter un observatoire de la sécurité

Disposer d’un observatoire de la sécurité consiste à collecter et analyser les traces de ce qui se passe sur le système d’information : journaux de serveurs, connexions au réseau, événements sur les postes de travail, alertes des outils de sécurité. Sans aller jusqu’à un SOC complet, une PME peut déjà se doter d’outils qui remontent les incidents les plus critiques et d’une grille d’analyse permettant de repérer plus vite les comportements anormaux.

Cet observatoire peut s’appuyer sur des solutions spécialisées ou sur des services managés proposés par des prestataires, en fonction des ressources internes. L’objectif n’est pas de surveiller chaque action des utilisateurs, mais de pouvoir réagir plus rapidement face aux signaux faibles : tentatives de connexion multiples, et depuis des pays inhabituels, création de comptes administrateurs non prévus, etc.

Tester régulièrement son niveau de sécurité

Mettre des outils en place ne suffit pas. Il est essentiel de vérifier régulièrement leur efficacité. Cela peut passer par :

  • des tests d’intrusion ciblés
  • des audits techniques périodiques
  • des simulations de phishing
  • des exercices de crise pour valider le PRA et le PCA

Ces tests permettent d’identifier des vulnérabilités invisibles au quotidien et d’ajuster les dispositions avant qu’une attaque réelle ne les exploite. Une démarche de test régulière renforce la maturité globale de la PME et améliore sa capacité à réagir face aux incidents.

Cloud, réseau interne et environnement de travail

La montée en puissance du cloud et du travail à distance a profondément changé la façon dont les petites et moyennes entreprises structurent leur système d’information. Le cloud peut être une opportunité en matière de sécurité, car il donne accès à des infrastructures robustes, mises à jour et surveillées par des fournisseurs spécialisés. Mais il peut aussi devenir une source de risques si les accès sont mal paramétrés, si les partages de fichiers sont publics par erreur ou si l’authentification n’est pas renforcée.

En parallèle, le réseau interne reste un point de fragilité : un poste compromis peut permettre de remonter vers les serveurs ou les applications critiques si aucune segmentation n’est en place. Mettre en œuvre un pare-feu bien configuré, limiter les accès d’un segment à l’autre, installer des solutions de protection sur les postes (antivirus, EDR), filtrer la connexion à certains sites à risque et activer la journalisation sont des mesures de base pour réduire les risques.

Une approche globale centrée sur la confiance

Au final, la sécurité informatique d’une PME ne se résume pas à l’achat de quelques outils, mais à une approche globale qui mêle mesures techniques, organisationnelles et humaines. Les dirigeants ont un rôle clé à jouer : mettre la cybersécurité au coeur de la stratégie de l’entreprise, allouer des ressources, demander des comptes sur la mise en œuvre des mesures et intégrer la protection des données dans la relation avec les clients et les partenaires.

Une entreprise capable de montrer qu’elle maîtrise ses risques, qu’elle dispose de sauvegardes fiables, d’un PRA et d’un PCA, d’une gestion rigoureuse des identités et d’un observatoire de la sécurité, envoie un signal de confiance fort à son écosystème. Dans un contexte où les incidents deviennent publics très rapidement et où la sensibilité des clients sur leurs données est de plus en plus élevée, cette confiance peut faire la différence au moment de choisir un fournisseur ou de renouveler un contrat. C'est donc aujourd'hui un enjeu d'ordre stratégique pour les entreprises dans tous les sens du terme.

FAQ – Sécurité informatique PME

Pourquoi les PME sont-elles autant visées par les cyberattaques ?

Elles disposent souvent de systèmes informatiques moins protégés que les grands groupes, avec moins de ressources dédiées à la cybersécurité, ce qui en fait des cibles privilégiées pour des attaques industrialisées comme les ransomwares ou le phishing.

Par où commencer pour sécuriser une petite ou moyenne entreprise ?

La première étape consiste à réaliser un diagnostic de la situation (Prorexem peut vous accompagner), puis à mettre en œuvre quelques mesures clés : updates réguliers, sauvegarde fiable, gestion des accès et des mots de passe et activation de l’authentification multi-facteurs.

Le cloud est-il plus sûr que des serveurs internes ?

Le cloud peut offrir un bon niveau de sécurité technique, mais l’entreprise reste responsable de la configuration des accès, des droits, de l’authentification et de la protection des données. Elle doit donc être correctement réalisée et surveillée.